ENERGY FUELS

Qui sont-ils ?
Energy Fuels est un acteur unique dans le paysage minier amĂ©ricain. BasĂ©e dans lâUtah, lâentreprise est aujourdâhui le plus grand producteur dâuranium des Ătats-Unis, grĂące Ă son usine White Mesa Mill, la seule usine conventionnelle de traitement dâuranium en activitĂ© sur le sol amĂ©ricain. Mais ce qui rend Energy Fuels particuliĂšrement intĂ©ressante, câest sa stratĂ©gie dâexpansion dans les terres rares, ces mĂ©taux critiques indispensables aux vĂ©hicules Ă©lectriques, aux Ă©oliennes et Ă lâĂ©lectronique de dĂ©fense.
Lâentreprise exploite les temps dâarrĂȘt de son usine dâuranium pour traiter des sables contenant des terres rares, une approche astucieuse qui lui permet de se diversifier tout en optimisant ses infrastructures existantes. Avec lâacquisition rĂ©cente dâAustralian Strategic Metals pour 300 millions de dollars, Energy Fuels se dote en plus dâune capacitĂ© de transformation des oxydes en mĂ©taux et alliages, complĂ©tant ainsi une chaĂźne dâapprovisionnement entiĂšrement occidentale, de la mine au produit fini. Dans un contexte gĂ©opolitique oĂč rĂ©duire la dĂ©pendance Ă la Chine (qui contrĂŽle plus de 60 % de la production mondiale de terres rares) est devenu une prioritĂ© stratĂ©gique, le positionnement dâEnergy Fuels est difficile Ă ignorer.
Quels sont les chiffres ?
Sur lâexercice 2025, lâentreprise a produit environ 1 million de livres dâuranium et en a vendu 650 000 livres dont 350 000 sur le marchĂ© spot Ă un prix moyen de 74,21 USD la livre et 300 000 dans le cadre de contrats Ă long terme Ă 71,06 USD la livre. Le segment uranium a gĂ©nĂ©rĂ© un chiffre dâaffaires de 48,2 millions de dollars pour un coĂ»t de production dâenviron 31 millions. Les coĂ»ts de production sont en nette amĂ©lioration : lâentreprise prĂ©voit de passer sous les 40 USD la livre dĂšs le premier trimestre 2026, et vise un coĂ»t de production entre 23 et 30 USD la livre sur les prochains trimestres grĂące au traitement de minerais Ă haute teneur de sa mine Pinyon Plain. Pour 2026, Energy Fuels prĂ©voit de miner entre 2 et 2,5 millions de livres dâuranium et dâen vendre 1,5 Ă 2 millions.

CĂŽtĂ© terres rares, les revenus restent pour lâinstant modestes car lâentreprise est en phase de qualification commerciale de ses produits. Lâexpansion Phase II de White Mesa, estimĂ©e Ă 410 millions de dollars, permettrait de produire plus de 6 000 tonnes dâoxyde NdPr par an et de gĂ©nĂ©rer, selon lâĂ©tude de faisabilitĂ©, un bĂ©nĂ©fice opĂ©rationnel annuel de plus de 300 millions de dollars. Lâentreprise dispose dâenviron 930 millions de dollars de liquiditĂ©s, dont 700 millions levĂ©s via des obligations convertibles, ce qui lui donne les moyens de financer une grande partie de ses projets sans dilution actionnariale supplĂ©mentaire.
Acheter ou ne pas acheter ?
Au cours actuel dâenviron 23$, lâaction semble valorisĂ©e de maniĂšre Ă peu prĂšs correcte au regard de lâactivitĂ© uranium existante. La vraie question, câest le prix quâon est prĂȘt Ă payer pour le potentiel terres rares. Si lâensemble des projets se concrĂ©tise, ce qui reste un gros âsiâ, le potentiel de hausse est considĂ©rable, avec une activitĂ© qui pourrait atteindre un milliard de dollars de bĂ©nĂ©fice opĂ©rationnel combinĂ© Ă horizon 5-10 ans.
Mais les risques sont Ă la mesure de lâambition : le projet Vara Mada Ă Madagascar, qui doit fournir 65 % du minerai pour la Phase II, se situe dans une juridiction politiquement instable. Un Ă©chec de ce seul projet remettrait en cause une part significative de la valorisation. Câest donc un dossier intĂ©ressant mais particuliĂšrement spĂ©culatif.
Money radar du 03 mars 2026


