💣 Quand le monde brĂ»le, Bitcoin rebondit mais pour combien de temps ?

Bitcoin à 71 800 dollars face à la guerre Iran-USA : décryptage et scénarios

Le détroit qui paralyse le monde et ce que ça change pour votre portefeuille

Bitcoin vient de bondir de 7% en 24 heures pour atteindre 71 800 dollars, propulsĂ© par une combinaison de flux refuge, de positionnement extrĂȘmement haussier Ă  levier et de 458 millions de dollars d’entrĂ©es nettes dans les ETF spot le 2 mars ainsi que de 225 millions le lendemain. Au cinquiĂšme jour de l’OpĂ©ration Epic Fury, la mort confirmĂ©e du Guide suprĂȘme Khamenei et la fermeture de facto du dĂ©troit d’Ormuz redessinent l’architecture des marchĂ©s mondiaux. 

Détroit d'Ormuz : Comment sa fermeture par l'Iran pourrait affecter le  monde - BBC News Afrique

Brent Ă  81-85 dollars (+15%), or Ă  5 200 dollars, indices actions en baisse de 2-3% au plus bas : les actifs se repositionnent et se cherchent autour d’un scĂ©nario de choc pĂ©trolier dont la durĂ©e dĂ©terminera tout.

L’histoire montre que Bitcoin suit un pattern en trois phases lors des crises gĂ©opolitiques : crash initial, stabilisation, puis rally. Nous sommes probablement Ă  la charniĂšre entre les phases 2 et 3.

Opération Epic Fury : une offensive sans précédent depuis 2003

Les frappes amĂ©ricano-israĂ©liennes lancĂ©es le 28 fĂ©vrier 2026 constituent la plus importante opĂ©ration militaire occidentale au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003. Le CENTCOM revendique prĂšs de 2 000 cibles frappĂ©es dans 131 villes rĂ©parties sur 24 des 31 provinces iraniennes.

La marine iranienne est anĂ©antie : 17 navires dĂ©truits, dont le sous-marin le plus opĂ©rationnel du pays. L’aviation, les radars et la dĂ©fense aĂ©rienne sont hors service. L’élimination de l’ayatollah Khamenei dans la frappe d’ouverture a dĂ©capitĂ© la chaĂźne de commandement. Quelque 40 hauts responsables sont morts.

Le bilan au 4 mars 2026 :

  • Plus de 1 045 morts cĂŽtĂ© iranien (sources d’État)
  • 6 militaires amĂ©ricains tuĂ©s par les drones suicides
  • 11 IsraĂ©liens
  • La frappe sur une Ă©cole Ă  Minab : 148 Ă  180 enfants tuĂ©s
  • 2 000 cibles touchĂ©es par les frappes US-IsraĂ«l

La rĂ©ponse iranienne, baptisĂ©e « True Promise IV », a visĂ© 27 bases amĂ©ricaines ainsi que des infrastructures dans les Émirats, le Qatar, l’Arabie Saoudite et IsraĂ«l. Les EAU ont interceptĂ© 165 missiles balistiques et 541 drones a eux seuls rien que le 1er mars. 

Sur le plan diplomatique, ni la Chine ni la Russie n’ont proposĂ© de soutien militaire Ă  TĂ©hĂ©ran. PĂ©kin plaide surtout en coulisses pour la rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Ormuz, vital pour ses approvisionnements. La Russie, Ă©puisĂ©e par la guerre en Ukraine, se limite Ă  la rhĂ©torique et Ă  la condamnation internationale, en gros leurs soutiens : “C’est pas bien arrĂȘtez”.

Le dĂ©troit d’Ormuz fermĂ© : le nerf de la guerre pour les marchĂ©s

Le dĂ©troit d’Ormuz en chiffres : 20 millions de barils/jour, 20% du pĂ©trole mondial, 20% du GNL mondial, largeur de 33 km au point le plus Ă©troit.

C’est le facteur qui change tout. Le dĂ©troit d’Ormuz achemine 20 millions de barils par jour, soit 20% de la consommation mondiale de pĂ©trole et 20% du GNL mondial. L’IRGC a dĂ©clarĂ© le dĂ©troit « fermĂ© » le 2 mars. Les donnĂ©es de suivi maritime confirment un effondrement de 70% puis quasi-total du trafic de tankers. Au moins 5 pĂ©troliers ont Ă©tĂ© endommagĂ©s, 150 navires sont bloquĂ©s, et Maersk comme Hapag-Lloyd ont suspendu tous les transits. Les assureurs ont annulĂ© leurs couvertures de risque de guerre Ă  compter du 5 mars, rendant le transit Ă©conomiquement impossible.

L’impact est immĂ©diat : le Brent est passĂ© de 73 dollars prĂ©-conflit Ă  85 dollars en pic intraday le 3 mars, stabilisĂ© autour de 81 dollars aprĂšs l’annonce par Trump d’escortes navales. Le gaz naturel europĂ©en lui double avant de perdre la moitiĂ© de sa hausse. Pourquoi ? Car les capacitĂ©s de contournement sont dĂ©risoires : les pipelines saoudien et Ă©mirati ne peuvent dĂ©vier que 2,6 millions de barils par jour sur les 20 millions qui transitent normalement, on ne peut Ă©videmment pas compter sur la Russie. Le S&P Global rĂ©sume en une phrase simple : « Si la rĂ©duction du trafic dure une semaine, ce sera historique. Au-delĂ , ce sera Ă©pochal pour le marchĂ© pĂ©trolier. »

Bitcoin et les crises : un pattern en trois phases remarquablement stable

L’analyse des crises gĂ©opolitiques majeures rĂ©vĂšle un schĂ©ma rĂ©current en trois actes.

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Phase 1 : Flash crash (heures Ă  jours)

Bitcoin chute de 5 Ă  15% aux cĂŽtĂ©s des actifs risquĂ©s. Lors de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 fĂ©vrier 2022, BTC a plongĂ© de 38 000 dollars Ă  34 324 dollars (-8%) en une journĂ©e. Pendant le COVID, la chute a Ă©tĂ© de 10 000 dollars Ă  3 860 dollars en 48 heures (-62%). Pour le conflit Iran actuel, Bitcoin est passĂ© d’environ 66 000 dollars Ă  un plancher de 63 000 dollars le 28 fĂ©vrier (-4% en 2 heures).

Phase 2 : Stabilisation et récupération (2 jours à 1 semaine)

Les prix trouvent un plancher, les liquidations cessent, les vendeurs Ă  dĂ©couvert commencent Ă  couvrir. En 2022, quatre jours aprĂšs l’invasion, Bitcoin a enregistrĂ© son plus gros bond en un an (+14,5%), revenant Ă  44 219 dollars. Bitcoin dans cette phase avec l’Iran a, en un peu plus de 4 jours repris fortement de la valeur avec 13 % de hausse.

Phase 3 : Rally (semaines Ă  mois)

Bitcoin dĂ©passe souvent ses niveaux prĂ©-crise. AprĂšs l’assassinat de Soleimani en janvier 2020, BTC a grimpĂ© de +5% immĂ©diatement, puis +40% en un mois. AprĂšs l’Ukraine, +27% au-dessus des niveaux prĂ©-invasion en un mois.

Le prĂ©cĂ©dent Soleimani est particuliĂšrement Ă©clairant : ce jour-lĂ , l’or a grimpĂ© de 2%, le pĂ©trole de 3% et Bitcoin de 5%, dans un mouvement synchrone. Coin Metrics qualifiait cela de « peut-ĂȘtre la preuve la plus forte dans l’histoire d’un lien direct entre Bitcoin et les Ă©vĂ©nements gĂ©opolitiques ».

Le rebond de 63 000 dollars à 71 800 dollars (+13% en une semaine) et les 324 millions de dollars de liquidations de shorts le 3 mars suggÚrent que nous entrons en phase 3. Mais cette transition dépend entiÚrement de la durée du conflit. Et surtout de la phase actuelle, est-ce que le bear peut réellement se terminer sur cet évÚnement ?

Analyse technique : 71 800 dollars dans un couloir décisif

Les niveaux techniques clés :

  • Support 1 : 69 000-70 000 dollars (ancien plafond devenu plancher)
  • Support 2 : 63 000 dollars (plancher de fĂ©vrier pendant l’attaque)
  • RĂ©sistance 1 : 72 000 dollars (rejet du 8 fĂ©vrier et sommet mensuel)
  • RĂ©sistance 2 : 74 000 dollars (niveau de historique depuis mars 2024 qui pourrait devenir support si brisĂ© + EMA 50 daily)
  • RĂ©sistance 3 : 79 000 dollars (reprise du niveau de rebond des tariffs d’avril 2025)
  • MM50 journaliĂšre : 74 300 dollars
  • MM200 : 90 000 dollars
  • ATH octobre 2025 : 126 279 dollars

Le Fear & Greed Index reste sous les 20 (peur extrĂȘme), ce qui prĂ©cĂ©de des reprises substantielles Ă©videmment mais impossible de savoir pour combien de temps. Les taux de financement sont plutĂŽt positif sur toutes les plateformes majeures : les acheteurs paient donc les vendeurs, crĂ©ant les conditions d’une hausse qui peut rapidement se retourner.

Or versus Bitcoin : la divergence la plus marquĂ©e de l’histoire

La corrĂ©lation entre Bitcoin et l’or est tombĂ©e Ă  -0,27 en 2026, un record nĂ©gatif. Le ratio Bitcoin/Or a touchĂ© un plus bas historique Ă  16,68x.

Les flux racontent la mĂȘme histoire de divergence. Sur les 90 derniers jours, les ETF or ont attirĂ© 25 milliards de dollars d’entrĂ©es nettes tandis que les ETF Bitcoin enregistraient 6 milliards de dollars de sorties nettes. Les banques centrales ont achetĂ© 863 tonnes d’or en 2025 (troisiĂšme annĂ©e consĂ©cutive au-dessus de 800 tonnes). Et Ă©videmment aucune banque centrale ne dĂ©tient de Bitcoin en rĂ©serves stratĂ©giques.

JPMorgan avait nommĂ© l’or et Bitcoin le « debasement trade » en octobre 2025, avant de reconnaĂźtre qu’il s’agissait en rĂ©alitĂ© d’un jeu Ă  somme nulle : les capitaux qui fuient la dĂ©prĂ©ciation monĂ©taire choisissent l’un ou l’autre, et en fin 2025-2026, ils choisissent massivement l’or.

Mais pourtant, l’or et la spĂ©culation intensive autour ne lui accorde pas la mĂȘme performance suite aux Ă©venements en Iran.

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Dans le premier cas, l’or grimpe Ă  l’ouverture des marchĂ©s mais chute jusqu’à 5 000 dollars. De l’autre, le Bitcoin ne cesse de grimper et affiche + 13%. Alors il est bien trop tĂŽt pour affirmer que Bitcoin attire plus que l’or car cela fait 6 mois bientĂŽt qu’on voit l’inverse, mais c’est tout de mĂȘme Ă  noter, de plus dans un contexte gĂ©opolitique qu’on observe.

Deux scénarios, deux trajectoires radicalement différentes

Scénario 1 : Guerre courte (4-5 semaines) : le précédent de 1991

Si la campagne se dĂ©roule comme Trump l’a projetĂ©, le prĂ©cĂ©dent pertinent est Desert Storm en 1991. Le pĂ©trole qui avait doublĂ© pendant la phase d’incertitude s’est effondrĂ© de 33% le jour du lancement des opĂ©rations, et le S&P 500 a gagnĂ© 29% sur l’annĂ©e suivante.

AppliquĂ© Ă  2026, un scĂ©nario de rĂ©solution rapide impliquerait une rĂ©ouverture du dĂ©troit d’Ormuz, un retour du Brent vers 65-70 dollars, et une restauration des anticipations de baisse de taux Fed (juillet plutĂŽt que septembre).

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Les chances comparĂ© Ă  la semaine derniĂšre on lĂ©gĂšrement Ă©tĂ© rĂ©duites pour juillet d’un peu plus de 2 %. La suite sera Ă  monitorer avec attention car pour le moment et c’est encore trĂšs serrĂ©, le marchĂ© ne voit pas de baisse avant juillet et il est probable que cela n’évolue pas dans le sens inverse vu la situation.

Cibles Bitcoin dans ce scénario : Un bottom formé, potentiellement par un krach éclair mais le prix est définitivement supérieur à 70 000 dollars et construit sa rédemption au début du primtemps direction 80 000 dollars.

L’or lui corrigerait de 5-8% depuis ses plus hauts, fidĂšle au pattern historique de chaque rĂ©solution rapide depuis 1990.

Scénario 2 : Guerre longue (3-6+ mois) : le spectre de la stagflation

Si le conflit s’enlise via guerre asymĂ©trique, blocage prolongĂ© du dĂ©troit d’Ormuz ou embrasement rĂ©gional via le Hezbollah, le prĂ©cĂ©dent devient l’Irak 2003, voire le choc pĂ©trolier des annĂ©es 1970.

AprĂšs l’invasion de l’Irak en 2003, le pĂ©trole est passĂ© de 25 dollars Ă  147 dollars en cinq ans. En raison de l’instabilitĂ© et surtout de la demande croissante. Un scĂ©nario potentiel si la guerre s’enlise en Iran et que le dĂ©troit devient vĂ©ritablement problĂ©matique. Le Qatar stoppant sa production et le transport du GNL n’aidant en rien. Goldman Sachs estime qu’un choc pĂ©trolier persistant ferait passer le CPI amĂ©ricain de 2,4% Ă  3% d’ici la fin de l’annĂ©e. Ce qui dans ce cas prĂ©cis, enterre toute possibilitĂ© de baisse de taux en juillet, et mĂȘme peut-ĂȘtre en septembre.

Bitcoin n’a jamais Ă©tĂ© testĂ© dans un vĂ©ritable environnement de stagflation. Les recherches acadĂ©miques indiquent qu’il couvre efficacement les surprises inflationnistes mais Ă©choue face aux chocs de liquiditĂ© et au resserrement monĂ©taire : prĂ©cisĂ©ment ce que produirait un choc pĂ©trolier prolongĂ©.

Cibles Bitcoin dans ce scĂ©nario : 60 000-63 000 dollars rapidement de retour car une hausse n’est pas possible dans ce contexte et potentiellement 55 000 dollars en cas de panique de liquiditĂ© et d’une ambiance inquiĂ©tante sur l’inflation.

L’or serait le grand gagnant structurel, avec une trajectoire vers 6 000-8 000 dollars visĂ©e par JPMorgan d’ici la fin de l’annĂ©e.

Ce que dit le marchĂ© aujourd’hui

Le marchĂ© price actuellement une disruption de 4 semaines. Les signaux d’accumulation sont parmi les plus puissants observĂ©s dans l’histoire de Bitcoin : peur extrĂȘme, taux de financement nĂ©gatifs effacĂ©s, 1,4 milliard de dollars d’entrĂ©es ETF, 270 000 BTC accumulĂ©s par les grandes adresses, effondrement de 87% de la vente des dĂ©tenteurs long-terme.

Historiquement, cette configuration n’a jamais coĂŻncidĂ© avec un marchĂ© baissier prolongĂ©.

Bitcoin n’est pas l’or. Il ne protĂšge pas dans les premiĂšres heures d’une crise. Mais chaque crise gĂ©opolitique majeure des six derniĂšres annĂ©es s’est traduite par des prix significativement plus Ă©levĂ©s 3 Ă  6 mois aprĂšs. La question n’est pas de savoir si Bitcoin rebondira, mais combien de temps les marchĂ©s devront patienter avant que la durĂ©e du conflit soit lisible.

Et ça, personne ne le sait encore et c’est ce qui rend la lecture difficile car elle n’exclut aucun des scĂ©narios, sans parler d’une surprise potentielle rĂ©servĂ©e par l’Iran qui, dos au mur, jouerait des atouts que l’on n’imagine pas encore.

MoneyRadar Crypto du 05 mars 2026

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